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The Prism Deck

Auteur : Joshua Jay

Catégorie : Cartes / Close-up

prism deck
Description de l'effet

Le magicien décide d'expliquer aux spectateurs une partie de son art, en démontrant trois principes de la prestidigitation.
Le premier principe est le détournement d'attention. Il sort un jeu rouge de son étui, en extrait les deux Jokers qu'il met dans sa poche. Dans les mains du spectateur, il place tout d'abord l'As de Carreau, puis l'As de Cœur. Quelles sont les cartes en mains ? Lorsqu'il les retourne, le spectateur retrouve les deux Jokers ! Les As sont retrouvés l'un après l'autre sous l'étui, qui n'a pas quitté la table. Puis c'est le jeu entier qui disparaît des mains du magicien, pour être lui aussi retrouvé sous l'étui.

Deuxième principe, la psychologie. Le magicien prend une carte dans le jeu et la glisse dans sa poche. Le spectateur choisit une carte à l'œil. Le prestidigitateur, toujours sans voir la face du jeu, fait défiler les cartes, en demandant au spectateur de penser " Stop " quand il repère sa sélection. Le magicien réussit alors à extraire la carte choisie, toujours sans la voir. Il en devine ensuite la valeur, simplement en lisant dans l'esprit du spectateur. Pour couronner le tout, il sort la carte qu'il avait mise dans sa poche : c'est la carte choisie !

Dernier principe, la manipulation. Les cartes sont mélangées, les unes face en l'air, les autres face en bas. Le magicien retrouve alors un premier As, par une simple coupe ; un deuxième par une coupe fioriture ; pour le troisième, il réalise un des gestes les plus difficiles de la cartomagie : une donne du milieu. Enfin, il va montrer aux spectateurs la manipulation ultime, très utile lorsqu'on a dans les mains un jeu où les cartes sont soit face en l'air, soit face en bas : il étale le jeu, et toutes les cartes sont revenues face en l'air, sauf une, qui est bien sûr le dernier As.

Pour finir, le magicien retourne le jeu : chaque carte a maintenant un dos différent des autres cartes, y compris les quatre As, qui sont pourtant dans les mains du spectateur.

Points forts
Multiplication et grande variété des effets.
Bel effort sur le design des cartes.
Jeu marqué.
Peut être réalisé entièrement en stand-up.
Presque tout est examinable.
Points faibles
Pas complètement examinable.
Explications incomplètes.
Qualité des cartes.
Il manque des cartes !
Difficulté 5 etoiles

Pour réaliser la routine complète, vous avez quand même besoin de deux Top Change, d'un Pinky Count, d'un empalmage diagonal, d'un demi-saut de coupe, d'un mélange Faro et d'une donne en second !

Notre avis 2 coeurs

Dans l'absolu, la routine complète est, pour moi, assez exceptionnelle. Pensez-donc, vous avez, dans l'ordre, un " Two Card Transpo ", un voyage de carte sous l'étui, une disparition de jeu, un " Think Stop ", une lecture de pensée, une carte à la poche, une " coupe sur les As ", un " Triomphe " et pour finir un " Color Changing Deck ". On sent la passion de Joshua Jay pour l'histoire de la magie, et on retrouve cette passion dans cette routine et son boniment.

La force de la routine tient d'ailleurs aussi beaucoup à l'excellence de son propos. Les spectateurs ADORENT qu'on leur explique l'envers du décor. Ils n'ont pas nécessairement envie de connaître vraiment le truc, mais accéder, même superficiellement, aux principes de la prestidigitation, leur donne l'impression de faire partie du secret : la distance qui peut exister entre le showman et le spectateur se réduit, c'est du vrai " close-up ". Plus personne n'est en représentation, le spectateur se sent véritablement impliqué, se détend... ce qui facilite la réalisation de la routine !
Et pourtant, rassurez-vous, rien n'est dévoilé : tout le monde sait bien qu'un prestidigitateur détourne l'attention et manipule les objets !

L'enchaînement des effets, pendant lesquels le spectateur voit sans cesse, et jusqu'au dernier moment, des cartes à dos normal, rend le final, avec le " Color Changing deck ", particulièrement spectaculaire et incompréhensible.

On sent un réel travail de design sur le dos des cartes, ce qui en fait un Rainbow Deck vraiment original. Dans une routine de " Color Changing Deck ", je crois que l'effet est ainsi plus fort que si on transforme simplement un jeu rouge en jeu bleu.

Le jeu est marqué, ce qui peut paraître absurde pour un Rainbow Deck, mais c'est ce qui permet la deuxième phase de la routine. Qui peut le plus peut le moins, et votre imagination fera le reste : pourquoi ne pas démontrer vos capacité de mémorisation, en prétendant vous souvenir de la valeur de chaque carte en voyant son dos...

De plus, certains dos permettent des effets par eux-mêmes, et quelques cartes truquées supplémentaires offrent la possibilité de trois ou quatre autres tours sympathiques, qui sont détaillés dans la section bonus du DVD.

Avec tout ça, pourquoi ne pas avoir mis la note maximale ?
Le jeu est produit par Card-Shark, les créateurs du Phoenix Deck. Je crois savoir qu'il existe deux qualités dans les productions Card-Shark : une professionnelle, imprimée par USPCC, identique aux cartes Bicycle, et une traditionnelle, imprimée sur un stock personnel. J'ai l'impression que c'est la 2ème qualité dont a bénéficié le Prism Deck, comme semble le confirmer la mention " Printed in the EU " sur le côté de l'étui. Les manipulations, pourtant indispensables à la routine, sont moins évidentes qu'avec un jeu Bicycle, il y a une glisse moins bonne. De plus, il me semble qu'elles risquent de s'abîmer peut-être plus rapidement que des Bicycle. Entraînez-vous donc avec un jeu normal et préservez votre Prism Deck !

Ensuite, pour la qualité du DVD explicatif. Il est plutôt bien filmé, avec un bon son. Le menu en revanche est réduit à sa plus simple expression, et on ne peut par exemple pas aller directement à une phase ou une autre de l'explication de la routine. L'organisation est elle-même un peu bizarre : on commence par nous expliquer la troisième phase, avec des variations plus simples techniquement, puis on passe à la première et à la deuxième phase. Le résultat est que Joshua Jay en oublie un détail fondamental : comment passe-t-on de la deuxième à la troisième ? Et oui, il est impossible de passer de la 2ème à la 3ème phase sans une manipulation, qui n'est pas citée dans le DVD !
Une autre explication manque : au début de la routine, une carte quelconque doit être chargée sous l'étui du jeu... Où, quand, comment !!!

Ce tour s'adresse donc à des magiciens avertis, parce que les techniques utilisées ne sont pas des techniques pour débutants, et que Joshua Jay ne s'appesantit pas sur leur description ; mais surtout parce qu'il leur faudra deviner les manipulations manquantes !
La routine est également perfectible. Il y a un premier Top Change, qui semble idéalement placé, mais, un peu plus tard, il me semble illusoire d'en réaliser un second, car toute l'attention est sur la carte à switcher. D'ailleurs, dans la performance, une coupure idoine et un petit montage permettent de s'affranchir de cette faiblesse (comment dit-on déjà ? Trick Photography ?)
Un peu plus loin, un des As est produit par une coupe fioriture, au cours de laquelle Joshua Jay fait une Swivel Cut d'une partie du jeu (qui est face en l'air) avec son index droit. La main droite a donc besoin de basculer... et on voit un dos de carte différent ! A-t-il vraiment testé ce tour en public aussi longtemps qu'il le dit ?
Enfin, à la fin de la routine, le jeu est laissé en vrac sur la table. La seule chose à cacher est la présence de trois As à dos normal en 2ème, 3ème et 4ème position au dos du jeu. Si on voulait être puriste, on aurait aimé une petite idée pour s'en débarrasser, ce qui laisserait la possibilité d'un examen complet et exhaustif du jeu

Et pour terminer, la chose qui fâche !
Le Prism Deck vaut 30 € ce qui se justifie pleinement par le travail sur le design des cartes et la qualité de la routine complète, même si c'est supérieur au prix d'un Rainbow Deck Bicycle (21 € quand même, sans DVD de routine).
Le vrai problème, c'est que, pour réaliser la routine, il vous faut en plus quatre Jokers, quatre As et une carte quelconque, ayant des dos normaux ! Et quand je dis dos normal, je parle de dos Phoenix. Or, dans un jeu Phoenix, il y a un seul Joker. Donc il faut commander quatre jeux Phoenix, soit 12 €, et la note augmente sensiblement... De plus, ceci n'est pas précisé sur le site quand on commande le Prism Deck, ce qui peut amener le malheureux acheteur à faire la commande en deux temps, avec deux fois les frais de port !

Autre détail de puriste : j'ai des jeux Phoenix, qualité USPCC ; j'ai donc introduit des Jokers et des As normaux dans mon Prism Deck, et je me retrouve avec des différences de glisse entre les cartes, et même des différences de coupe, les cartes US semblant un tout petit peu plus longues que les européennes !
Alors, plutôt que de rajouter des cartes bonus, certes sympathiques, pourquoi ne pas avoir simplement conçu le Prism Deck autour de la routine complète, c'est-à-dire avec toutes les cartes nécessaires ?
La question a été posée à Joshua Jay, via Card-Shark, qui aurait répondu qu'on peut utiliser des cartes Bicycle pour les cartes à dos normaux... C'est faux ! Le dessin de la face des As du Prism Deck est spécifique aux jeux Phoenix. Or, pour la fin du tour, il est nécessaire de switcher les As normaux avec les As du Prism Deck, et ce face en l'air, toujours pour cacher les dos : donc, au moment du switch, le dessin des As change, et vous vous faîtes attraper par la patrouille...

De toute façon, lorsqu'on achète un tour qui comprend un jeu entier, on s'attend au moins à avoir toutes les cartes en mains, si j'ose dire. Et si le choix de la qualité des cartes est déjà discutable et décevant pour le niveau (vraiment excellent) de la routine (mais également pour le niveau des magiciens à qui elle s'adresse !), l'absence de ces fameuses cartes est limite inacceptable !

Alors, comment noter le Prism Deck quand on veut à la fois mettre la meilleure et la pire des notes ?

 

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